S'est approché, comme transporté par les airs,
Apportant les épais barreaux de ma prison
Que je construirais au coeur de mon désert.
Ma raison m'a ordonné de fuir, de courir
Sans trébucher et à tout prix me secourir,
Mais la place des sentiments demeure ultime :
Mon coeur m'a livrée à lui telle une victime.
Je voudrais qu'il m'enrobe de ses ailes noires,
Ses douces ailes ; reluisantes ailes d'ébène.
Je voudrais décrypter le fond de son grimoire :
Eprouver son mystère, jouir de cette aubaine,
Tourner une à une les pages de ce livre,
Sentir que ma lectur' pas à pas me délivre.
Mon oiseau rar' me tient en cage depuis longtemps,
Je ferai main basse sur la clef au printemps.
Comprendra-t-il alors l'affliction qui me ronge,
La carence de chaque instant qui me dévore ?
Devinera-t-il la profondeur de mes songes,
La chaleur de mes oniriques corps-à-corps ?
Je lui confierai en secret ma vie de femme,
Je lui offrirai le plus profond de mon âme...
... Ad vitam aeternam
